Anfa Fertility Center (AFC)

Pertes anormales

Les infections vulvaires et vaginales (vulvo vaginites) constituent l’un des motifs les plus fréquents de consultation en gynécologie.

Chaque femme aura dans sa vie génitale un ou plusieurs épisodes d’infection génitale.

Ces infections se manifestent parfois par des symptômes très gênants voir impressionnants et parfois complètement asymptomatiques.

Parmi ces infections, les plus fréquentes sont l’infection mycosique ou à levures, la vaginose bactérienne et la trichomonase.

Symptomatologie

L’essentiel de ces infections se manifeste par une gêne avec des démangeaisons vulvaire, des brûlures lors de la miction ou après un rapport sexuel avec apparition de pertes anormales de couleurs variables mais surtout fait important, elles tachent le linge et sont odorantes.

L’interrogatoire s’attellera de rechercher l’ancienneté des symptômes, leur caractère unique ou récidivant, un terrain favorisant notamment un diabète, une prise récente d’antibiotiques et surtout un éventuel rapport contaminant.

Le médecin notera aussi les habitudes d’hygiène car le manque ou l’excès d’hygiène tuent l’hygiène.

La vaginite à levures (Candidose)

L’infection à Candida, une forme courante de vaginites, est habituellement provoquée par un champignon surnommé Candida.

Elle constitue Maroc la 1ere cause d’infection génitale. 75?s femmes souffriront au moins d’une infection à champignons durant leur vie et 40% à 45%, en présenteront plus d’une et présenteront donc des mycoses récidivantes.

Une faible proportion de 5?s femmes présenteront plus de 4 infections à champignons durant une année.

L’infection à Candida se caractérise habituellement par des pertes inodores ou légèrement odorantes, épaisses, présentant la texture du lait « coagulé » blanc et surtout par des démangeaisons vaginales.

D’autres femmes se plaignent également de brûlures lors des relations sexuelles. Quelquefois, des infections mixtes peuvent se manifester.
Par conséquent, il est préférable de se faire examiner par un médecin, lorsque l’on présente des symptômes d’infection vaginale, afin de déterminer un diagnostic précis. L’infection à champignons peut se retrouver chez 20-30?s femmes porteuses de vaginites.

La trichomonase

Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible (IST) liée à un organisme parasite appelé trichomonas vaginalis.

Cet organisme peut aussi se retrouver dans les serviettes hygiéniques, les toilettes publiques mais la contamination sexuelle reste la plus fréquente.

Elle se manifeste par des pertes jaunâtres odorantes avec une inflammation assez importante et des brûlures lors de la miction ou des rapports sexuels.

Dans notre pratique cette infection représente 15-20?s étiologies.

La vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne représente une cause fréquente d’infections vaginales. Plusieurs études mentionnent une incidence pouvant atteindre jusqu’à 50?s femmes porteuses de vaginites.

La vaginose bactérienne, tout comme l’infection à champignons, résulte d’une croissance exagérée d’une ou de plusieurs bactéries.

Elle découle généralement d’un changement dans l’équilibre naturel du milieu vaginal.

L’infection bactérienne se manifeste plus fréquemment chez les femmes qui ont plus d’un partenaire sexuel ou chez celles qui ont un nouveau partenaire.

Normalement, le vagin abrite une multitude de bactéries.  L’un de ces germes appelé « lactobacille » joue un rôle prépondérant, car il maintient le niveau d’acidité du vagin et empêche la prolifération d’organismes indésirables.

Les femmes qui souffrent de vaginose bactérienne présentent un déséquilibre qui se traduit par une croissance exagérée du nombre de bactéries nuisibles et une diminution importante des lactobacilles qui protègent normalement le vagin.

La vaginose bactérienne se manifeste par une forte odeur vaginale de poisson pourri.

Elle n’entraîne pas habituellement, de démangeaisons, ni d’irritations caractéristiques de la vaginite à champignons, bien que ces symptômes peuvent également se manifester.

Diagnostic

Le médecin peut faire le diagnostic de la vaginite à l’aide de quelques tests simples. Les sécrétions normales sont généralement blanches ou transparentes, ayant un peu l’aspect d’un blanc d’œuf, tandis que chez les femmes qui souffrent de vaginose bactérienne, elles sont souvent laiteuses, plutôt liquides et parfois malodorantes. Chez celles qui présentent une infection à candida, les pertes sont épaisses, blanchâtres et accompagnées d’une forte inflammation vulvo-vaginale. Les pertes vaginales des femmes porteuses d’une infection à trichomonas sont liquides, jaunâtres et bulleuses. Elles s’accompagnent d’une irritation au pourtour du col utérin qui prend un aspect pointillé.

Le médecin peut également mesurer l’acidité des sécrétions vaginales au moyen d’un papier pH. Tout comme pour l’infection à trichomonas, les femmes avec une vaginose bactérienne présentent un pH élevé comparativement au pH plus acide, protecteur des sécrétions vaginales normales. De plus, les sécrétions vaginales des femmes porteuses de vaginose bactérienne émettent une odeur désagréable spontanément, ou après l’ajout d’un agent chimique appelé hydroxyde de potassium.

Enfin, le médecin peut examiner, au microscope, un échantillon des sécrétions vaginales afin de détecter la présence de cellules caractéristiques dénommées « cellules cibles », qui indiquent la présence d’une vaginose bactérienne. Les sécrétions des femmes présentant des levures se caractérisent par des arborescences caractéristiques de la présence de candida. La vaginite à trichomonas démontre, au microscope, des parasites flagellés et mobiles, accompagnés d’une grande quantité de globules blancs qui témoignent de l’inflammation du col et du vagin. A défaut d’un diagnostic direct évident ou d’une symptomatologie atypique il est préférable de procéder à un prélèvement vaginal pour le laboratoire afin d’étudier le germe responsable et sa sensibilité aux différents antibiotiques.

Evolution

Les femmes porteuses de vaginose bactérienne présentent de plus grands risques de développer une infection aiguë des trompes, car cette vaginite coexiste souvent avec des maladies transmises sexuellement, telle la chlamydia et la gonorrhée.

Cette infection des trompes connue sous le nom de salpingite aiguë, à son tour, peut entraîner diverses complications telles que l’infertilité, les douleurs au bas ventre et des grossesses ectopiques.

De plus, la vaginose bactérienne non traitée augmente le risque d’infection lors des interventions chirurgicales d’ordre gynécologique.

Traitement

Toute patiente porteuse d’une vaginose bactérienne et présentant des symptômes doit être traitée, peu importe qu’elle soit enceinte ou non. Le médicament le plus utilisé pour traiter la vaginose bactérienne est le métronidazole, administré oralement (comprimés) ou par voie vaginale. Les autres médicaments antibactériens pour traiter l’infection à candida ou à trichomonas sont également administrés de cette façon. Le médecin peut discuter avec vous des avantages et inconvénients de chacun ces traitements.

La vaginite à candidas : le traitement fait appel à un traitement par voie général ou local en fonction du caractère unique ou récidivant et en compromis avec votre médecin dans tous les cas, il fait appel aux dérivés imidazolès associés à un savon pour toilettes vulvaires à PH >7. Le traitement en prises multiples (2 fois) est réservé aux candidoses récidivantes.

La vaginite à trichomonas : son traitement fait appel au métronidazole en dose unique ou prise quotidienne sur 7 jours.

La vaginose : son traitement fait également appel au metronidazol.

Traitement du partenaire :

Lavez les parties génitales quotidiennement. Utilisez un savon doux. Rincez à fond. Asséchez soigneusement.

Évitez les douches vaginales et les agents irritants tels que les savons forts et les désodorisants vaginaux.

Évitez de ramener les bactéries du rectum au vagin. Après la selle, essuyez-vous de l’avant vers l’arrière, en direction du rectum et non l’inverse.

Éviter de porter des pantalons ou jeans serrés, des collants sans entre jambes en coton et d’autres vêtements (maillots de bain, collants) qui retiennent l’humidité.

Ne prenez pas d’antibiotiques sans raisons valables. Ils peuvent détruire les « bonnes » bactéries ou la flore du vagin.

Faites porter un condom à tout nouveau partenaire sexuel ou à tous vos partenaires, si vous en avez plus d’un.

Traiter toute constipation.